L'ETUDE DE L'ULB

Suite à la réunion du 9 avril dernier entre d’une part Mme Milquet, Mr Wathelet, le SPF Mobilité et d’autre part les associations Pas Question !, Bruxelles Air Libre et UBCNA, le SPF mobilité a commandé à l’Institut de Gestion de l’Environnement et d’Aménagement du Territoire (IGEAT) de l’ULB une étude d’impact du Plan Wathelet. Celle-quantifie le nombre de personnes survolées par les anciennes et les nouvelles routes.

Cette « Analyse ex post des nouvelles procédures aériennes mises en service le 6 février 2014 dans la région métropolitaine de Bruxelles » est accablante

1. Le rapport établit que Melchior Wathelet n’a absolument pas respecté les accords de Conseil des Ministres de 2010, dont il n’a cessé de prétendre qu’il faisait "une application stricte”. La décision du Conseil des Ministres impliquait en effet que les nouvelles routes aériennes auraient dû être étudiées et éventuellement adoptées selon un long processus impliquant une étude d’impacts en bonne et due forme et un important processus de concertation et d’information (avec les régions, avec les citoyens bruxellois des communes nouvellement survolées).

2. Le rapport démontre clairement le déplacement des routes vers les zones les plus densément peuplées de Bruxelles: "45,6 % des décollages ont aujourd’hui lieu au-dessus des quartiers denses voire très denses de Bruxelles, contre 7,3 % avant le 6 février 2014” (extrait du rapport).

3. Le rapport révèle également que le plan Wathelet redirige les avions au-dessus des zones les plus défavorisées, en procédant à une amélioration de la qualité de vie dans des quartiers à haut revenus (dorénavant moins survolés) et une dégradation dans des quartiers souvent pauvres, voire très pauvres, ou intermédiaires de Bruxelles (dorénavant plus survolés). 

C’est un scandale démocratique, de santé publique et social.

Rappelons que l’Echo du 6 mai 2014 avait aussi mis à jour un conflit d’intérêt majeur au sein du cabinet Wathelet: le principal auteur du plan est en même temps l’administrateur-délégué) de l’UBCNA (Union prétendue Belge contre les Nuisances Aériennes), le groupe de pression (lobby) de la périphérie Est de Bruxelles, aujourd’hui épargnée comme le montre le rapport de l'ULB.

L’Echo a rendu le rapport complet disponible en téléchargement sur son site. Un executive summary de 4 pages (pages 3 à 6) donne un bon résumé de l’étude qui compte 91 pages.

Par ailleurs, les chercheurs de l’IGEAT ont donné au mois de juin à la Commission Européenne une présentation (en anglais) sur les résultats de leur étude, dont les slides peuvent être téléchargés ici.