Le patron du SPF Mobilité remporte une victoire contre Mme Fonck & Mr Wathelet

"Laurent Ledoux a introduit un recours en extrême urgence au conseil d’Etat pour récupérer ses compétences en matières financières. Catherine Fonck et Melchior Wathelet ont retiré l’arrêté le sanctionnant avant tout arrêt" (Journal l'ECHO du 8 octobre 2014, Philippe Lawson - article ci-dessous).

Selon nos informations, la secrétaire d’État à la Mobilité, Catherine Fonck (cdH), et son prédécesseur, Melchior Wathelet (cdH), ont fait marche arrière après avoir sanctionné le patron du SPF Mobilité et Transports en lui retirant le 23 septembre ses compétences en matières financières (signature des marchés publics, etc.). Ils ont signé le 2 octobre un arrêté retirant leur première décision sanctionnant Laurent Ledoux et qui lui rend ses prérogatives.

Leur démarche est motivée par un recours en extrême urgence introduit au conseil d’Etat (CE) par le patron de l’administration des Transports. Celui-ci demande la suspension de l’arrêté de sanction pris à son égard pour défaut de motivation formelle et violation du principe d’audition préalable. Le premier arrêté a été pris le 23 septembre. Fonck et Wathelet avaient des doutes sur la façon dont le président du SPF Mobilité traite les marchés publics, notamment deux d’entre eux qu’il aurait attribués à une connaissance.
Un souk permanent

Mais visiblement, la forme n’y est pas. M. Ledoux est convoqué pour une audition jeudi. "En voulant soi-disant jouer aux justiciers, ils sont les premiers à ne respecter aucune règle ou procédure. Les erreurs qu’ils ont commises en m’attaquant comme ils l’ont fait révèlent plus sur eux que sur moi. Ils ont cherché plus à me nuire qu’à réellement préserver les intérêts du SPF", nous a confié Laurent Ledoux. Il reproche aux deux ministres d’avoir cherché à le déstabiliser et voulu lui faire payer son opposition aux mesures du plan de survol de Bruxelles (cassées par une ordonnance de justice) et au plan imaginé d’aide aux compagnies aériennes belges (l’Europe a ouvert une enquête estimant que le mécanisme fausse la concurrence). "J’avais pourtant prévenu par tous les moyens avant de tirer la sonnette d’alarme. Ils veulent désormais ma tête. Ils me reprochent de ne pas avoir été loyal. Mais comment pourrais-je être loyal à une autorité de tutelle, qui, malgré les recommandations de son administration, s’entête à privilégier des intérêts particuliers plutôt que l’intérêt général, au point parfois d’affirmer de manière répétée et publique des choses dont l’administration a démontré qu’elles étaient de toute évidence fausses ou impossibles", dit-il.

Au-delà de son cas personnel, le patron de l’administration des Transports fustige la gestion des dossiers par ses deux ministres de tutelle. "Ils ont géré leurs dossiers à vif, au coup de sang et d’intimidations, sans le moindre respect des procédures et encore moins du personnel de l’administration. Et ils accordent une confiance aveugle à des conseillers dont les pratiques douteuses sont connues dans le sérail, au mépris des conseillers au sein de leur propre administration. Si j’avais géré mon SPF comme ils ont géré les dossiers depuis leur cabinet, ce serait le souk permanent", conclut-il."